Au milieu des éléphants...

Nous avons réservé depuis la France la prochaine nuit au Ohakane Lodge, à Opuwo, la capitale administrative du Kaokoland. C’est à 300 kilomètres de pistes, dont 100, jusqu’à Sesfontein, que nous connaissons déjà pour avoir mis 3 heures à les parcourir dans l'autre sens. Autant dire que nous savons déjà que nous passerons la journée dans la voiture.

Un arbre mort sur le bord de la piste
arbre mort

Au départ de Purros, le chemin longe le lit d’une rivière et, après cinq kilomètres environ, nous apercevons un, puis plusieurs éléphants qui remontent le lit de sable. La piste se rapproche de la rivière et, soudain, il faut bien se rendre à l’évidence : les éléphants sont sur la route ! Impossible de passer, il ne nous reste qu’à attendre…
Trois quart d’heure plus tard, nous sommes toujours là, les pachydermes aussi. Le gros du troupeau semble plutôt dans le lit mais une femelle, sa copine et son bébé qui tient à peine debout progressent sur la piste en s’arrêtant, en bons éléphants, à chaque buisson. Que faire ? Il nous reste 300 kilomètres à parcourir sur des pistes peu fréquentables de nuit. Nous remontons dans le 4x4 et avançons tout doucement.

Les deux femelles et le bébé sont maintenant à une dizaine de mètres du bord de la route. Nous avançons encore. Aucun signe d’hostilité. Cette fois, nous passons à leurs côtés, au pas, sans ralentir ni accélérer. Ouf ! pas de réaction, juste un mouvement un peu agacé de la mère. Et puis nous découvrons d’autres éléphants sur notre gauche, du côté opposé à la rivière. Notre théorie selon laquelle les deux femelles et le bébé se tenaient à l’écart du troupeau, lui-même concentré dans le lit de la rivière, s’effondre… Nous sommes au milieu du groupe !
Encore quelques dizaines de mètres et, cette fois, nous passons à quelques mètres d’un beau spécimen. Celui-ci ne nous a pas vu arriver. Surpris, il se retourne brusquement et pousse un barrissement rageur en levant la trompe… ça ne rigole plus, on file… Sauf que devant nous, juste derrière un dos d’âne, apparaît la croupe d’un autre éléphant, énorme. Il ne nous a pas vu, il marche sur la piste, peinard. Silence de mort dans la voiture. Le « pas content », derrière, s’est remis à manger, un peu nerveusement quand même. Il n’y a rien à faire, nous stoppons tout et attendons… Dans les rétros, nous voyons l’énervé s’agiter de plus en plus, une cinquantaine de mètres derrière nous. Devant, le gros tranquille avance très très très lentement. Soudain, l’énervé se met en marche et vient droit sur la voiture, oreilles en mouvement, trompe en avant… Pas bon signe ! Il n’y a pas le choix, nous démarrons. Nous roulons presque sur les pieds du tranquille qui ne nous avait pas vu et qui a le (bon) réflexe de faire un écart vers l’extérieur de la piste… Et nous passons !

Opuwo

A nouveau le kaokoland, ses girafes et ses paysages magnifiques.

Entre Sesfontein et Opuwo, nous passons à côté de la montagne sacrée des Himbas d’où ils extraient l’hématite dont ils se teignent le corps. Nous voyons beaucoup de petits villages Herero. Les faubourgs d’Opuwo sont faits de tentes et d’abris sommaires où s’entassent Himbas et Hereros. La ville est animée, africaine. L’Ohakane Lodge se présente comme un véritable camp retranché au milieu de la ville. Le contraste entre sa pelouse verte, ses chambres coquettes, sa piscine et la ville autour, de bric et de broc, est saisissant. De hauts murs et des grillages empêchent, du reste, d’embrasser l’intérieur et l’extérieur d’un même regard... Malaise.

La suite du voyage : la piste vers le sud et le merveilleux accueil à Ermo Game Farm >>