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Dans le Corcovado

30 avril, la Sirena

La nuit se passe plutôt bien. La pluie s’est mise à tomber et elle martèle le toit de tôle ondulée sans nous empêcher de dormir. Au petit matin, nous sommes réveillés par les cris des singes hurleurs, impressionnants pour qui les entend la première fois. Difficile d’imaginer que l’auteur de ce hurlement d’outre-tombe n’est qu’un singe d’à peine 8kg. 
De nombreux chemins sillonnent la forêt autour de la station. Toujours guidés par Alvajo, nous longeons la rivière Sirena à la recherche de crocodiles introuvables et nous faisons une incursion dans la forêt primaire, au nord-est de la station. Il semble que le temps pluvieux ne soit pas propice à l’observation de la faune. L’après-midi, la pluie s’est arrêtée et nous croisons une bande de singes écureuils dont certains, particulièrement kamikazes, se livrent à des sauts de l’ange très impressionnants.
Nous passons une très bonne soirée en compagnie de Patrick et Annie, un couple de Français bien courageux : non seulement ils sont venus sans guide mais en plus, ils ont réservé 3 nuits de dortoir à La Sirena !

1er mai, chemin du retour

Alvajo souhaite partir très tôt ce matin, pour notre retour à Carate. Il faut dire que le rio Claro, à une demi-heure de la station, doit être franchi avant la marée haute : sinon, c’est le passage en amont, avec de l’eau jusqu’à la poitrine et la compagnie éventuelle de crocodiles et autres requins marteaux. La haute mer étant à 7h00, c’est avant le lever du jour que nous quittons La Sirena, à la lueur de nos lampes frontales.
Bien que le parcours soit le même qu’a l’aller, le chemin se montrera bien différent. D’abord la mer est haute, ce qui transforme le paysage de la côte au point de nous contraindre, dans un passage rocheux, à attendre une demi-heure que la marée descende pour poursuivre la progression. De plus, le temps est au beau et le soleil donne un nouveau relief à la côte, si menaçante à l’aller sous un ciel plombé et qui, là, prend des airs de paradis perdu.
Cette fois, nous battons tous les records. Alvajo a fini par avouer que s’il voulait partir tôt, c’était surtout pour se dépêcher de rejoindre sa copine venue tout exprès de San Jose passer le week-end avec lui. Il est tellement pressé que, lui qui ne manquait jamais rien, marche presque sur les pieds d’un tapir sans le voir, et c’est Christine qui remarque la grosse bête qui broute sur le bord du chemin ! Une séance photo plus tard, il est quand même un peu vexé mais ça ne l’empêche pas de carburer sur la dernière portion La Leona - Carate dont nous parcourons les 4 kilomètres de plage en un peu plus d'une demi-heure.
A 14 heures, nous sommes de retour à Puerto  Jimenez. Alvajo est content et nous aussi : nous nous précipitons au Cabinas Jimenez qui avait gardé nos bagages pour nous jeter sous la douche !